June 1, 2012
Iceberg

Iceberg

May 31, 2012
Eiffel Pari(s)

Eiffel Pari(s)

May 29, 2012
Pari(s) Eiffel

Pari(s) Eiffel

May 27, 2012
Soleil rouge

Soleil rouge

May 27, 2012
Sunday running

Sunday running

May 27, 2012
pas sage parisien

pas sage parisien

May 26, 2012
Not bad but blue!

Not bad but blue!

May 20, 2012
Nicolas-Jacques Conté

Nicolas-Jacques Conté

May 13, 2012
13

13

May 13, 2012
Bindu

Bindu

May 1, 2012
Paris 1er Mai 2012

Paris 1er Mai 2012

April 6, 2012
Yves Klein “FC 1” 1962 Christie’s Paris 2012

Yves Klein “FC 1” 1962 Christie’s Paris 2012

March 31, 2012
Chaillot
http://itunes.apple.com/fr/app/desertorosso/id441210420?mt=8

Chaillot

http://itunes.apple.com/fr/app/desertorosso/id441210420?mt=8

11:11pm  |   URL: http://tmblr.co/ZltX7yIsm5U2
Filed under: DesertoRosso 
March 10, 2012
Sousse Tunisia

Sousse Tunisia

March 8, 2012
Space 140 @ Sousse

Arts et Révolution : quelles mutations ?, colloque JEPTAV, Université et Institut Supérieur des Beaux-arts de Sousse, Tunisie, 9 mars 2012.

C’est avec un grand plaisir que je remercie les organisateurs pour leur invitation à laquelle je réponds en vous présentant Space 140 qui est un projet collaboratif en devenir, en résonance avec les récents événements, impulsé par le vent de liberté tunisien qui souffle depuis plus d’un an. Je vais également déplier quelques balises sur mon parcours permettant de comprendre dans quelle trajectoire se place Space 140 et je finirai en sollicitant votre participation directe à son processus de création.

En décembre 2004, j’ai projeté sur l’écran urbain de la tour Montparnasse à Paris une vidéo sur laquelle on pouvait lire le slogan « Vous êtes le réseau ! Mobile Wireless Digital ». Cette action dans l’espace publique sur un écran géant s’inscrivait en clôture d’un triptyque sur l’architecture, l’image et la technologie.

On pouvait y voir des images de ces rendez-vous de 2002 et 2003 qui ont eu la particularité de questionner le territoire en déplaçant les frontières de l’art. Un de ces rendez-vous avait par exemple consisté -par l’utilisation de la technologie wifi qui était encore illégale en France- en une connexion à la frontière franco-espagnole avec une caméra de vidéosurveillance, entre le monument en hommage à Walter Benjamin de Dani Karavan et un hôtel portant le même nom qu’une œuvre de Marcel Duchamp.

Mes recherches et réalisations depuis 1987 s’inscrivent comme une ligne influencée depuis les néo- et avant-gardes historiques, de la scénographie d’un Enrico Prampolini jusqu’à celle de Jacques Polieri, de l’avant à l’après seconde guerre mondiale, d’une ère mécanique à l’ère électronique.

Je pense en effet que si la scène des arts a été profondément révolutionnée au 20ième siècle, le nouveau siècle appelle à de nouvelles mutations rendues possibles par la numérisation à l’échelle planétaire.

Les attentats du World Trade Center en 2001 ont marqué un passage dans mon travail où j’ai définitivement mis de côté une certaine utopie pour envisager des événements concrets grâce, entre autre, à l’Internet.

C’est donc tout naturellement que je me suis intéressé à la 8ème édition des rencontres chorégraphiques de Carthage en 2009 qui était placée sous le signe de ”la danse et les technologies modernes” parce que l’informatique et Internet peuvent bouleverser les arts traditionnels. Grâce aux technologies émergentes, la suprématie de l’art ne peut plus se cantonner en des disciplines parcellaires et dans le cadre d’un seul territoire physique.

Tout naturellement aussi, je participais à Yasmin qui est une liste de diffusion modérée sur Internet sur l’art et les techno-sciences dans le bassin méditerranéen. Si je n’avais jamais vu d’informations sur cette liste concernant la révolte du bassin minier de Gafsa en 2008, j’en avais entendu parler par ailleurs via Internet.

Le 10 janvier 2011, j’ai tenté de poster sur cette liste un message qui a été refusé. En voici la teneur : « Alors que des personnalités politiques de droite comme de gauche en France sortent de leur silence, les artistes et théoriciens d’une liste comme Yasmin doivent-ils garder le silence ou ouvrir le débat ? Lors de la guerre en ex-Yougoslavie, les artistes des arts médiatiques ont réagi avec des soutiens multiples ! Devrons-nous attendre que des pays basculent dans la guerre civile pour afficher notre solidarité ou reposer le débat d’une nécessaire interaction de la création avec l’histoire qui se vit ? Sommes-nous juste capable de tourisme lors de séminaires et autres symposiums sous le soleil ? Sommes-nous aujourd’hui capable d’éclairer de notre créativité les événements dont sont victimes des êtres qui demandent à avoir les mêmes droits que nous ? ».

Effectivement, je ne me suis pas contenté de manifester ma solidarité avec le peuple tunisien lors de la manifestation parisienne du 15 janvier après la chute de Ben Ali mais j’ai lancé un projet le 20 janvier 2011 à travers une note qui a été envoyée à quelques personnes comme le collectif parisien MU : « Le 10 janvier 2011, j’ai décidé de quitter une liste Internet de discussions sur les nouvelles technologies en art et Méditerranée parce que mes messages concernant la situation en Tunisie étaient censurés, l’art des silences devait régner. Quatre jours après, la Tunisie a vu la première révolution “futuriste“ planétaire grâce aux réseaux sociaux comme Twitter et Facebook.

Plus que jamais, le 20 janvier 2011, les Tunisiens ont besoin de soutiens et j’engage mon savoir dans ce champ artistique au service d’une création qui pourrait porter ces voix de la liberté jusqu’aux murs du palais des papes en Avignon.

Créateur et théoricien français dans les arts médias depuis plus de 20 ans, je voudrais collecter l’ensemble des twitts, tagués avec #Sidibouzid, envoyés sur Internet, du 17 décembre 2010 au 14 janvier 2011.

Si des opéras et une littérature existent grâce à Twitter je suis persuadé que l’ensemble de ces mots et messages sous la contrainte de 140 signes sont aussi un vent de liberté créative.

Je souhaiterais donc composer un texte à partir d’une sélection de ces envois depuis la Tunisie vers le monde entier. Ce texte serait la base d’un théâtre digital. Deux versions pourraient être réalisées : l’une à écouter comme une création radiophonique et l’autre géolocalisée avec un ensemble de voix.

Pour cela, j’envisage de créer une application sur iPhone. Celle-ci serait conçue pour la ville d’Avignon en France pendant son festival de théâtre mondialement connu. Son lancement et sa géolocalisation seraient mises en place le 14 juillet pendant sa prochaine édition, du 7 au 27 juillet 2011, puis disponible à cette date n’importe où sur la planète. »

Ce projet a été créé sous le nom Space 140 avec également un site Internet.

Si la révolution européenne de l’imprimerie a eu lieu vers 1440, le premier message de 140 signes envoyé depuis l’espace via satellite ne précède que de quelques mois les centaines de milliers sur Twitter qui ont fait rentrer les nouveaux réseaux sociaux planétaires dans la poétique révolutionnaire.

Et pourtant malgré nos efforts pour financer cette création gratuite et collaborative seul le Centre National du Cinéma en France avec le fonds DICRéAM a soutenu à hauteur de 4 500 euros notre projet qui nécessiterait encore le double en budget pour pouvoir totalement être finalisé, avec le développeur Olivier Guillerminet, et le collectif MU.

Lors de la Quadriennale de Prague en juin 2011, j’ai participé à un colloque où j’ai mis en parallèle l’immolation du jeune étudiant tchèque en 1969 et celle du jeune travailleur tunisien en 2010 dans ma communication « de la scénographie à la zérographie », juste avant de venir pour la première fois en Tunisie.

J’y ai présenté Space 140 mon actuel projet d’un “théâtre immatériel des événements“ ainsi : « Je pars justement après cette intervention à Tunis, pour Space 140, mais avant, je vous déplierai rapidement le processus d’écriture qui le soutient, et qui vous permettra de mieux comprendre la fragmentation de mon propos. Depuis 2008, je suis sensible aux événements tunisiens à travers Facebook et Twitter, grâce au réseau Internet, mais surtout par le développement de la téléphonie mobile, rendue possible par la technologie satellitaire.

Pendant les 6 derniers mois, j’ai suivi des échanges, sur ces réseaux sociaux, pour en dégager 140 mots, arbitrairement et exactement 6 mois après l’immolation de Mohamed Bouazizi. 2000 personnes sur la planète ont reçu une invitation par email, à sélectionner dix groupes de mots de ces 140, pour les lire sur un répondeur téléphonique à Paris, dont nous avons sélectionné, 14 voix. De là une combinatoire de 140 voix mise à l’écoute lors d’un Festival à Carthage où le public pourra s’enregistrer dessus pour créer de nouvelles accumulations.

Ces strates sonores, en plus de captations effectuées à Tunis lors d’un premier séjour, seront la matrice d’une application/création gratuite sur iPhone, qui va être géo-localisé hors du “in“ et du “off“, lors du prochain festival de Théâtre d’Avignon en France, le 14 juillet prochain. Ce processus dramaturgique est une collaboration entre une créatrice sonore (Julie Rousse), un architecte ingénieur (Christian Delécluse), et une société développant une technologie innovante. »

L’artiste du mouvement Fluxus Robert Filiou avait proposé aux autorités françaises et allemandes d’échanger leurs monuments aux morts avec son Commemor en 1970. Space 140 est également un monument dédié aux vivants dans l’espace publique de manière pérenne, avec un volet à Paris et un autre en Avignon, qui pourrait très bien être géolocalisé également et sans aucune demande d’autorisation sur l’avenue Bourguiba à Tunis par exemple.

Bien évidemment, si l’application Space 140 fonctionne actuellement uniquement sur iPhone, l’on pourrait facilement la développer sur d’autres types de mobile comme Android, mais nous avons également la matière pour créer une installation à partir d’un patch informatique pour une diffusion sonore à 360°. Ainsi, Space 140 peut également être envisagée pour un espace de monstration classique tel un musée, nous espérons que ce sera le cas dans des expositions comme celle qui est actuellement présentée au Beirut Art Center Revolution vs Revolution.

Aujourd’hui, c’est un autre module après Paris, Tunis et Avignon que je souhaiterais poursuivre à travers un quatrième onglet “S140“ qui serait universel, à savoir une radio qui transformerait un ensemble de messages francophones de Twitter en des voix de synthèses à partir de 140 mots clés autour de “l’art et la révolution“. Aussi, je vous sollicite en faisant passer une feuille parmi vous pour recueillir si vous le souhaitez, un ou plusieurs de ces mots, que vous pensez en rapport avec le sujet même du colloque et qui contribuera peut-être à la matière de cette partie finale.

J’espère que des entreprises et/ou des institutions en Tunisie ou en France, comme l’Institut du Monde Arabe à Paris qui présente actuellement une exposition sur les révolutions arabes et prochainement un concours d’architecture sur la jeune architecture arabe, soutiendront la finalisation de Space 140.

Je n’ai pas les chiffres exacts de téléchargements de cette application/création gratuite et je désire aussi lancer une campagne d’affichage en Avignon avec des QRcode pour solliciter le prochain public du festival cet été. Car l’on peut écouter un parcours sonore de la gare de cette ville jusqu’au cœur du palais des papes, dans lequel la compositrice Julie Rousse a placé une voix arabe anonyme enregistrée lors du Fest Festival dans la cathédrale de Carthage l’Acropolium. De même, « la femme est l’avenir » est l’un des multiples slogans/voix de cette œuvre car la journée de la femme ne saurait être uniquement le 8 mars de chaque année. Et les mutations technologiques ainsi que les souffles créateurs ne sauraient s’arrêter ni dans le temps, ni dans l’espace par des frontières, c’est sans doute là l’une des révolutions majeures dans l’art d’aujourd’hui

Et si la Tunisie possède déjà un jeu sur téléphone mobile qui s’appelle Révolution, créé par une entreprise de jeu vidéo, celle-ci est autant à même, si ce n’est plus à même que d’autres pays passéistes, à impulser un enseignement et une transmission des arts numériques qui pourraient s’inscrire dans un réseau international grâce à l’Internet. Ce qui existe avec les mouvements d’OpenGov et Gov 2.0 pourrait également se transférer au champ culturel.

C’est sans doute pour cela que l’artiste tunisienne Moufida Fedhila a créé sa performance artistique Super-Tunisian dans l’espace publique le 12 mai 2011 à Tunis. Espérons que ce ne sera pas la dernière action de ce type. Comme j’espère pouvoir un jour revenir en Tunisie travailler, pourquoi pas avec le Centre des Musiques Arabes et Méditerranéennes de Sidi Bou Saïd, pour réaliser le film sur le désert que le compositeur Edgard Varèse a toujours rêvé pour sa composition musicale Déserts, pour en créer une projection visuelle et sonore multimédia en temps réel.

Et pour commenter la fin d’une époque ou finir le commencement d’une nouvelle, je terminerai en précisant qu’il ne saurait y avoir de mutation artistique sans (r)évolution technologique. C’est pour cela que je vous remercie pour les mots que j’aurais pu collecter grâce à vous et qui me permettront peut-être de clore Space 140.

Liked posts on Tumblr: More liked posts »